lundi 24 décembre 2007

Strike



La vie est constituée d’autant de petits miracles que de grandes peines.

Je l’aimais en secret, je l’embrassais à distance, je la prenais dans les bras par procuration. Elle aussi, elle m’aimait. L’observer, fuir son regard, puis l’observer à nouveau. Ce fut notre jeu favori pendant trois ans, trois années d’innocence, de naïveté, trois années d’enfance.

Un été, les prémices de l’adolescence, les regards fuient plus rapidement, puis deviennent inexistants. Deux ans, un oubli, puis une disparition, sûrement un jeudi de mai. Ce n’était pas si grave, on ne se connaissait plus.

Un an je t’aime, deux ans je t’aime, trois ans. Trois ans, et je n’en avais plus le souvenir. Un an, deux ans, trois ans. Je me laisse aller, tristement, banalement. Venus me garde en vie, plus ou moins artificiellement, un pace-maker amoureux. Les piles lâchent, je m’ennuie.

Ses yeux ! Ils me fixent, puis me fuient, une fois encore. J’ai retrouvé ses yeux, elle a retrouvé les miens. Un petit miracle.

Huit ans, deux joies, une seule peine. L’équation n’est pas égale à zéro.


A écouter :
  • Digitalism - Pogo (Shinichi Osawa remix)