Elle dansait, seule, sous la pluie, en plein milieu de la cour intérieure de la fac, elle dansait. Il était 4h du matin, 5h peut-être. La nuit était noire, la cour était sombre, seules quelques salles de classe venaient fendre de leur froide lumière cette profonde obscurité. Elle dansait encore et encore, sans jamais s’arrêter, sans même ralentir. Secouant ses cheveux, châtains le jour, noirs dans la pénombre. Noir, tout comme ses vêtements, tout comme ses yeux, tout comme son âme. A vrai dire, seule la peau blanche de son visage que l’on voit apparaître, puis disparaître au gré de ses mouvements frénétiques, se détache de cette silhouette aux contours flous.
La pluie continue de tomber, sur le plancher, sur les bancs, sur les plantes, sur elle. Ses cheveux, ses vêtements, son visage sont trempés. A chaque mouvement, des dizaines, des centaines, des milliers de gouttent semblent s’échapper d’elle, rejetées, chassées de son corps. La conquérir est un combat que le ciel mène avec ses propres armes, l’entreprise est honorable, mais vaine, la victoire ne peut être que temporaire.
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